Info-dignité

Édition spéciale Semaine de la dignité 2009

 
Que les enfants colorent la manifestive!….


Hommage aux personnes assistées sociales

 

Je n’ai jamais rencontré de personne plus généreuse et solidaire que vous, les personnes assistées sociales. Au Québec, on bafoue vos droits en ne vous permettant pas d’avoir le nécessaire pour survivre. On tente de vous faire taire en vous écrasant dans la pauvreté, mais, avec un courage énorme, vous luttez. Avec votre groupe et la grande implication solidaire des militantEs salariéEs, vous vous battez non seulement pour que l’ensemble de la population du Québec ait accès à des conditions de vie décentes, mais aussi pour que tous et toutes soient traitéEs comme des personnes qui méritent le respect et la considération.

Pour cette bataille que vous avez choisi de mener pour la justice sociale alors que vous manquez de tout à chaque jour, vous êtes les personnes que j’admire le plus.

Certains tentent de vous arracher votre dignité en s’attaquant au respect que vous devez avoir envers vous-même.

Ne doutez jamais de votre immense valeur.

Soyez toujours fiers de vous et de votre courage.

Amélie Châteauneuf, Front commun des personnes assistées sociales du Québec

 

Témoignages :

Ma dignité

     Après avoir fait une dépression, ma vie a complètement basculé. Le fait d’avoir été sur le marché du travail pendant près de 20 ans, du jour au lendemain se retrouver bénéficiaire de l’aide sociale, cela n’a pas été un cadeau. J’ai perdu tout à la fois ma dignité, ma fierté et mon amour propre. 

     Avec le temps et beaucoup d’efforts j’ai repris de nouveau ma place dans la société, en essayant de me faire respecter telle que je suis et cela malgré tout ce que les gens disent et pensent des assistés sociaux. Il serait tellement facile pour moi de baisser les bras, de me décourager de nouveau et de lâcher prise totalement, car il est extrêmement difficile de vivre sur l’aide sociale. Cela demande de ma part une grande force de caractère, un très bon moral et beaucoup de courage, car cela n’est pas évident d’être jugée et abaissée à tout moment par certaines personnes. C’est profondément frustrant, humiliant, souffrant et blessant. Mais il n’est absolument pas question pour moi de retourner à mon point de départ. Aujourd’hui, je réussis à marcher la tête haute et à être fière de ce que je suis, de ce que je fais et de ce que j’accomplis. Je dois cela en grande majorité à l’organisme Accès conditions de vie Lac St-Jean Est. Les intervenantes et les bénévoles m’ont aidée à reprendre confiance en moi-même,  de foncer et de croire à nouveau à mes capacités.

      Au sein de cet organisme, nos luttes parmi tant d’autres consistent à faire tomber les barrières ainsi que tous les jugements qu’ont les gens envers les assistés sociaux. Chaque petit combat que nous menons et que nous gagnons est une grande victoire pour nous. Peu importe notre statut social, chaque être humain sans exception a droit au bonheur et au respect des autres. 

      Pour terminer j’aimerais laisser comme message à tous ceux et celles qui jugent les autres beaucoup trop facilement : n’oubliez jamais que la vie est imprévisible et très fragile. Ce qui arrive aux autres aujourd’hui peut très bien vous arrivez à vous aussi demain.

      D’une personne à part entière et non seulement d’une B.S. (comme plusieurs personnes nous nomment) qui a réussi malgré tout cela à retrouver sa dignité, sa fierté et son Amour  propre.

 

                                                                     Martine Renaud d’Alma

 

Pour la fin des catégories à l’aide sociale

Par Jonathan Carmichael, ADDS Québec métro

 

Pour une 36ème année se déroulera, du 04 au 08 mai, un peu partout au Québec, la Semaine de la dignité des personnes assistées sociales. Pour l’édition 2009, les groupes membres du Front commun des personnes assistées sociales du Québec ont choisi de se mobiliser autour du thème suivant : « 20 ans de division, ce n’est pas la solution… Fini les catégories ! ». 

L’année 2009 commémore un bien triste anniversaire pour les gens qui reçoivent de l’aide sociale… Il y a exactement vingt ans, le gouvernement procédait à l’adoption de la Loi sur la sécurité du revenu. Les changements furent majeurs. Alors que la précédente Loi sur l’aide sociale (adoptée en 1969) établissait le droit à l’assistance pour tout individu, quelle que soit la cause de sa situation (à l’exception notable des moins de trente ans), la nouvelle réforme prend une direction contraire. Une distinction basée sur l’aptitude au travail est imposée : c’est le début des catégories à l’aide sociale, de la division entre les « aptes » et les « inaptes ». Le recul est considérable. L’aide sociale est considérée de moins en moins comme un droit, mais plutôt comme une faveur qui se mérite ! Deux décennies plus tard, c’est toujours la même histoire…

Les catégories, comment ça marche ?

Aujourd’hui, les personnes assistées sociales sont principalement divisées en deux catégories. D’une part, il y a les personnes considérées « aptes au travail » (celles sans contrainte à l’emploi ou avec contraintes temporaires). Dans la Loi sur l’aide aux personnes et aux familles (adoptée en 2007), elles sont dans le programme d’aide sociale. D’autre part, il y a les personnes considérées « inaptes au travail » (celles avec des contraintes sévères à l’emploi). Celles-ci sont dans le programme de solidarité sociale.

Relativement aux droits, des différences marquées existent entre les deux programmes. Le programme d’aide sociale est, bien sûr, plus désavantageux : prestations beaucoup plus basses (564 $ par mois pour les personnes sans contrainte à l’emploi comparativement à 858 $ pour celles avec contraintes sévères), contrôle accrue (obligation de rendre compte de sa situation à chaque mois, convocation arbitraire par le Centre local d’emploi, etc.), possibilité de posséder moins d’avoirs liquides et de biens permis, obligation de demander une contribution parentale, etc. 

Les impacts des catégories

En ce vingtième anniversaire, quel est le bilan de cette distinction basée sur la prétendue aptitude à travailler ? Pour les groupes de défense des droits, le constat est clair : les catégories renforcissent les préjugés à l’égard des personnes assistées sociales et contribuent à les maintenir dans la misère.

Cette division laisse croire qu’il y aurait des « mauvais pauvres » et des « bons pauvres ». Les premiers seraient les prestataires aptes au travail ayant supposément fait le choix d’être à l’aide sociale et qui seraient des paresseuses à qui on doit donner moins que le minimum pour s’assurer qu’elles ne profitent pas trop du système… Les autres, les « bons pauvres », les inaptes au travail, seraient une « clientèle facilement perturbable[1] », des personnes fragiles « qui n’ont pas la même capacité de se prendre en main[2]», méritant d’être aidées…

Ainsi, d’un côté, l’étiquette « apte » à occuper un emploi permet de maintenir des personnes dans la grande pauvreté (la prestation de base représente à peine 30 % du seuil de faible revenu…), de les contrôler et de les rendre coupable de leur situation. De l’autre, l’étiquette « inapte » fait en sorte que des personnes sont mises sur la voie d’évitement, tablettées et exclues, tout en étant laissées dans la pauvreté, elles aussi, malgré les discours faussement charitables tenus par les gouvernements.

Abolir les catégories

Les catégories à l’aide sociale doivent être abolies. Même le gouvernement sait qu’elles sont basées sur une fausse dichotomie[3]. Il n’existe pas deux sortes d’humain ! Toutes les personnes doivent manger, se loger, se vêtir, se soigner, s’habiller, se déplacer et se divertir.

Chaque citoyenne et citoyen devrait, peu importe sa situation, avoir le droit à un revenu décent permettant la couverture de ses besoins essentiels. C’est ce que vont réclamer les groupes de défense des droits des personnes assistées sociales lors de la 36ème Semaine de la dignité. Vingt ans de division, vingt ans d’oppression… Il est collectivement nécessaire de changer de voie. C’est le respect de la dignité innée à chaque être humain qui l’exige !









 

[1] C’est la raison évoquée par le Bureau des renseignements et plaintes pour ne pas avoir aviser les prestataires avec contraintes sévères de Québec du déménagement du Centre où sont traités leurs dossiers. 

[2] Lettre envoyée par l’équipe du Parti Libéral du Québec à l’ADDS-QM lors de la dernière campagne électorale (27 novembre 2008).

[3] Selon un rapport interne du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, seulement 8,5 % des personnes assistées sociales jugées aptes à l’emploi seraient suffisamment proche du marché du travail pour y retourner rapidement (Source : Michel Hébert, Journal de Québec. « Assistés sociaux : Seulement 8,5 % pourraient aller travailler », 18 mars 2007).

La dignité

Par Robert Foisy, militant à l’ADDS Québec métro 

Bien le bonjour tout le monde ! Tout d’abord, je me présente : je suis Robert Foisy, votre humble serviteur, et je milite à l’Association pour la défense des droits sociaux Québec métro. Je suis de retour après un petit congé forcé pour cause de santé. Mais là, je suis plus en forme que jamais !

On m’a demandé d’écrire sur la dignité. Pour moi, c’est un bien grand mot. Dans le dictionnaire, ça se lit comme suit : « respect d’une autre personne, grandeur, noblesse, la révolte contre sa condition ». Ouf, assez c’est assez ! Je n’en peux plus ! La dignité, pour moi, c’est la révolte contre les préjugés qui sont dits contre nous à cœur de journée : « maudit B.S., on a tout à l’aide sociale ».

Il y a aussi notre honneur qui est bafoué à tout moment. Il faut tout le temps demander pour manger, pour aller chez le médecin ou à la pharmacie, chercher les spéciaux pour l’épicerie. À l’aide sociale, on est seulement un numéro !

Quand va-t-on voir la gravité de la situation ? Voyez, ce n’est pas un cadeau être sur l’aide sociale. Il faut toujours faire attention à nous pour pouvoir garder un peu de respect et de dignité. Alors, si vous voyez, dans la rue ou ailleurs, une personne assistée sociale, essayez de lui donner un peu de respect et de ne pas la regarder de haut. Comme ça, on va pouvoir garder notre dignité. Voilà, moi Robert Foisy (j’ai dit) !

 La dignité pour moi

Par Monique Toutant, militante à l’ADDS Québec métro

Pour moi, la dignité c’est très important. Je suis en situation de pauvreté et comme il y a beaucoup de préjugés, je veux profiter de cette Semaine de la Dignité des personnes assistées sociales pour vous dire ce que représente la dignité moi.

La dignité fait partie de mon quotidien. C’est le respect de chacun et chacune dans ses valeurs. C’est accepter la personne telle qu’elle est, sans la juger. C’est de pouvoir s’exprimer en toute liberté. La dignité, c’est aussi la reconnaissance de mes acquis tels qu’ils sont. C’est l’amour-propre, la fierté que j’ai dans les actions que je fais tous les jours. C’est la reconnaissance du bénévolat et des services que je fais. C’est aussi que les gens acceptent là où je suis rendue dans ma vie.

La dignité, c’est m’épanouir devant de belles choses et de pouvoir les exprimer. C’est être considérée égale aux autres, écouter et être écoutée. C’est que les gens acceptent la richesse humaine que mes parents m’ont donnée. La dignité, c’est exploiter les talents que j’ai, de pouvoir vivre décemment sans avoir à me soucier du lendemain, de pouvoir échanger mes valeurs et mon vécu avec les autres. C’est être reconnue et être respectée pour ce que je suis. En fait, la dignité c’est de pouvoir vivre et être moi-même

ACTION PLUS BROME-MISSISQUOI

525, rue St-Édouard, bur. 102

Farnham (Québec) J2N 1G6

Tél. : (450) 293-2123 Télécopieur : (450) 293-7070

Courriel : actionplusbm@videotron.ca  

Mardi le 31 mars, nous avons organisé un après-midi de réflexion sur la saine alimentation. Pouvons-nous s’alimenter sainement, lorsque nous vivons avec un faible montant de 588.92$ par mois?

Durant le mois de la saine alimentation, nous avons lu plusieurs articles qui vantaient les bienfaits de la saine alimentation. Nous avons voulu savoir si une personne à faible revenu pouvait réussir à suivre le guide alimentaire. 

Nous avons invité une nutritionniste du CSSS la Pommeraie qui a bien voulu se prêter à notre petit jeu. Nous l’avons mis au défi de faire un menu équilibré pour une personne seule, étant dans la quarantaine et vivant dans un 3½. Nous avons supposé que son logement coûte seulement 350$ par mois et qu’elle paie 60$ d’électricité (ce qui est très peu) et le téléphone de base 15$. Elle ne fait aucun longue distance, ni aucun loisir. Elle ne possède aucun animal, ni de voiture. En somme notre personne type vit une vie peu gratifiante et peu épanouissante. Après avoir payé ses factures et son logement, il lui reste pour son mois 163.92$. C’est avec ce montant que notre nutritionniste est partie.

Elle nous a d’abord présenté le guide alimentaire en mettant l’accent sur les portions que nous devons consommer à chaque repas. Elle a imagé chacune des portions. Elle a également remis un petit aide visuel où on retrouve une assiette divisée en trois. La moitié de l’assiette doit contenir des légumes, un quart des produits céréaliers et l’autre quart pour les protéines. Elle nous a également informés que nous devons varier les légumes que nous consommons, car chaque couleur de légumes apporte différents nutriments. 

Nous avons été étonnés d’apprendre qu’un homme dans la quarantaine doit boire 5 litres de lait par semaine.  C’est beaucoup et au prix du lait, peu de personnes à faible revenu peuvent se payer le luxe d’en boire autant. 

Elle nous a appris qu’en janvier 2008, le dispensaire diététique alimentaire a fait une étude sur le coût  d’un panier d’épicerie pour une personne, par mois le montant s’élevait à 186.30$. C’est plus que le montant de notre personne type. En plus, ce montant ne comprend que la nourriture, il n’y a pas de papier hygiénique, ni aucun nettoyant.

Il est donc clair qu’une personne prestataire de l’aide sociale n’a pas la possibilité de s’alimenter sainement.  Néanmoins, il existe dans Brome-Missisquoi un groupe d’achat alimentaire qui permet d’économiser entre 20% et 30% de leur panier d’épicerie.

En terminant, l’aide sociale est un droit que nous nous sommes donné. C’est la responsabilité de l’État de s’assurer que tous et toutes aient un revenu décent leur permettant de vivre dans la dignité sans avoir à mendier. C’est inhumain et inacceptable qu’au Québec des personnes doivent faire le choix entre se loger et se nourrir.

Sylvia Bissonnette

Pour l’équipe d’Action Plus Brome-Missisquoi

 

 

 

 

Défendre notre dignité 

Encore aujourd’hui, en 2009, nous nous devons de défendre notre dignité. Étant tous membres de l’espèce humaine, nous sommes des personnes à part entière. Notre essence humaine ne peut pas être réduite à des mots, des étiquettes, des catégories, des définitions ou des modèles génétiques.

Toutes les personnes ont droit au respect. Le respect exige la reconnaissance de notre dignité. Elle nous appartient parce que nous existons. La dignité n’est pas une qualité que l’on gagne ou que l’on reçoit. Elle est inhérente à chaque personne. La dignité humaine est très fragile et doit être protégée contre tout mauvais traitement.

Toutes les personnes ont une dignité égale. La dignité ne dépend pas de caractéristiques physiques, intellectuelle ou autres. Elle ne dépend pas non plus des opinions d’autres gens relativement à ces caractéristiques.

Toutes les personnes ont la capacité innée de se développer et de s’exprimer. Toutes les personnes ont droit à la nourriture et à l’enrichissement intellectuel, social, affectif et spirituel.

Toutes les personnes ont droit à l’égalité d’accès et d’opportunité. L’égalité exige la protection contre tous les types de discriminations ou de mauvais traitements.

 

Pour le coût d’un pain !

Un ancien journalier, alors âgé dans la vingtaine, est forcé de quitter son emploi pour des raisons de santé. A l’époque de ce fait, l’homme, non rétabli, reçoit des prestations de chômage particulièrement dérisoires. Il en vient donc à la conclusion qu’il lui faut avoir recours à son droit de demander l’aide sociale. A ce moment là, malgré l’expertise contraire du médecin de ce service public qui affirme que l’homme a les capacités physiques suffisantes pour être considéré apte à retourner au travail, la communauté médicale déclare Gaston en contrainte sévère.

 

Durant des décennies, pour survivre, Gaston est forcé de se battre et les conséquences directes de cette lutte le rendent malade. Pendant tout ce temps et jusqu’à leur décès, il héberge sa mère cancéreuse; puis, en même temps, son frère diagnostiqué schizophrène et paranoïaque.

 

Les saisons passent et âgé de 60 ans, Gaston souffre de spondylite ankylosante, d’arthrose, d’arthrite rhumatoïde, de scoliose, d’ostéoporose, d’ulcères d’estomac, de dépression et de crise de panique. De plus, dû à ses problèmes d’articulations aux os, il dut, par le passé, subir de nombreuses opérations. Aujourd’hui, avec ses contraintes sévères à l’emploi, il reçoit la pleine prestation prévue à l’aide sociale, c'est-à-dire,  un montant 835,67 $.

 

L’aide néanmoins apportée à sa mère et à son frère au cours de toutes ces années l’empêche de cotiser au R.R.Q. (Régime des Rentes du Québec) et, dû à cela, il ne touche mensuellement qu’autour de trente (30) dollars, Non encore satisfait, le Ministère lui soustrait cavalièrement ce montant sur ses prestations mensuelles.

 

En avril 2005, l’homme reçoit une lettre du Ministère de l’Emploi, de la Solidarité Sociale et de la Famille :

 

« En septembre 2004, vous deviez nous justifier un montant déposé à votre compte et nous n’avons toujours rien reçu. Ceci est le dernier avis. Veuillez nous fournir la preuve justifiant le dépôt de 2,58$. Le fait de ne pas fournir les documents demandés pourrait entraîner le refus de votre demande, la révision de votre dossier, la réduction ou l’annulation de vos prestations ».

 

Gaston demande notre intervention puisqu’il s’interroge sur la provenance de ce dépôt. Il a beau chercher, fouiller, fouiner, il ne connaît pas la provenance de ce minime montant d’argent. « Quelqu’un aurait-t-il pu faire ce dépôt dans mon compte pour me mettre dans l’embarras ? Comment se fait-il que mon institution financière ne peut expliquer ce dépôt ? Comment en trouver l’origine ? Pourquoi disent-ils qu’ils vont me réduire ou annuler mes prestations ? Le gouvernement doit bien avoir raison ! » craint-il.

 

Cette situation le perturbe,  l’angoisse, l’insécurise, le fragilise et cet homme appréhende le fait de se voir ainsi coupé d’un revenu mensuel indispensable. Il se questionne à savoir comment il pourra survivre ainsi, seul. Conséquemment, Gaston fait un ACV et il faut lui installer un implant cardiaque. C’est alors qu’à sa médication, s’ajoute quotidiennement huit (8) autres médicaments. Hospitalisé plusieurs jours avant de revenir à la maison, il recherche ardument à Montréal, dans des documents, quelle est l’origine de ce mystérieux dépôt. Pour ce faire, il acquitte une somme de cinq (5) dollars pour une seule photocopie et d’autres sommes reliées aux frais postaux et à ses déplacements. Il est étonnant de constater ce qu’ont rapporté les recherches de Gaston.

 
En fait, le Ministère provincial menaçant la coupure de ses revenus,  dû au léger dépôt de deux dollars cinquante-huit (2,58$), était en fait un remboursement d’impôt provincial déposé à son compte bancaire. Le gouvernement en est donc informé mais, cyniquement, l’homme n’eut par la suite aucun retour d’appel, courrier ou excuses.

 

Quels ont été les coûts de cette incompétence gouvernementale? Pensons aux montants reliés à l’hospitalisation, à la médication, au salaire du vérificateur, aux frais postaux et à ceux de télécommunications. Pensons également aux frais de transports et de stationnement réglés par Gaston, qui rencontre toujours une kyrielle de spécialistes. Dans l’unique but de ménager deux dollars cinquante-huit (2,58$); étaient-ce des dépenses gouvernementales justifiées? La société peut-elle se permettre tous ces déboursés pour sauver le prix d’un pain? Ce pain, celui qui nourrit;  Gaston l'acquiert aux deux semaines grâce aux banques communautaires de distributions alimentaires.

CDDS Lotbinière inc

 

L’injustice en chaise roulante :

                Lieux adaptés et transport.

Avec raison, je trouve cette injustice auprès des personnes handicapées ceux et celles qui sont en chaise roulante.  De mon côté tout a commencé quand j’ai tombé en chaise roulante et il m’a pris un certain temps à m’habituer vu que c’était nouveau pour moi d’être en fauteuil roulant.

J’ai vite découvert qu’il y a beaucoup de restructuration auprès des gens comme moi en chaise roulante, car ça prend tout pour accéder.  Impossible d’aller manger dans les restaurants comme ici à Farnham où autre endroit dans Brome-Missisquoi, c’est pas évident, car la grande partie d’entre eux, à plus de 98 % ne sont pas accessibles aux personnes en chaise roulante.

Les portes sont beaucoup trop étroites et difficile d’accès.  À la table nous dérangeons les autres, nous prenons trop de place.  La seule façon pour nous est de commander par téléphone une livraison.

Il y a beaucoup d’injustices auprès des personnes handicapées par exemple les allées des magasins ont des espaces restreints.

Étant impliqué dans des organismes communautaires qui sont dans le même immeuble où je demeure, je ne peux participer à des activités en raison que le transport adapté est seulement dans Brome-Missisquoi.  Je ne peux pas faire des sorties au théâtre ou autres en raison également des heures disponibles.  Nous sommes toujours pénalisés d’une façon quelconque.

Il y a toujours les vendredis soir qu’ont peut sortir, mais attention il y a ce « hic » qu’il faut que ça reste dans la région de Brome-Missisquoi.  Aussi il faut entrer avant minuit, sinon notre chaise roulante va se transformer en citrouille ah! ah!.  Farce à part les heures du transport adapté me pénalise souvent.

Pour aller à la cabane à sucre chez  Meunier à  Richelieu, l’an passé : aller retour en taxi adapté 80$, pour manger un seul repas avec tout le groupe.  La minute qu’on sort du secteur le transport adapté ne fait pas de spécial, il ne sorte pas du secteur.  Il faut donc un taxi adapté au prix des taxis.  Si par hasard on sort à l’extérieur du secteur comme Montréal, ça coûte 200$ environ plus le coût d’aller voir un spectacle.

Alors la réalité d’être handicapé s’est se priver de toute chose qu’on aime faire et participer.  Nous aussi nous avons le droit de sortir comme tout le monde, mais pour avoir accès, il faudrait trouver des ressources pour qu’on puisse avoir le droit de voir des spectacles, pièces de théâtre, un peu comme tout le monde.

Nous sommes toujours limités dans nos déplacements.  On veut une meilleure qualité de vie.  Lorsqu’Action Plus fait son brunch bénéfice une fois par année, étant donné que c’est le dimanche, il n’y a pas de transport le dimanche.  Je ne peux pas me payer de taxi, mon budget étant très, très limité.  Le coût de la vie augmente en flèche, malheureusement le chèque d’aide sociale ne suit vraiment pas la hausse du coût de la vie.  La nourriture (besoin fondamental), l’essence, les loyers, l’électricité ont augmenté énormément.  Puis, on se demande pourquoi il y a-t-il autant de pauvreté.

Je reste à la maison car je n’ai pas le moyen.  Je fais des dessins pour essayer d’oublier mon isolement, ce qui n’est pas toujours efficace.  J’adore être avec le monde et faire du bénévolat.  J’espère un jour être reconnu pour mon talent en dessin, afin de pouvoir donner de l’espoir aux personnes qui sont exclues comme moi, à cause de leur handicap.

Je trouve ça dommage, car aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de porte de sortie, pour les personnes à mobilité réduite, afin de faire autre chose que de rester chez soi.

François Gaboriault

 

Regroupement des assistées sociales et assistés sociaux du Témiscouata