CITOYENS

CITOYENNES

Nous le sommes

nous, personnes assistées sociales

MAIS

il nous faut un revenu

PLANCHER

pour pouvoir

exercer

nos droits

SANS QUOI

pour nous

LA CITOYENNETÉ EST UNE FICTION

Toute loi d’aide sociale doit prévoir un minimum,

un barème plancher pour couvrir les besoins essentiels:

se loger, se nourrir,

se vêtir.

SANS QUOI

La solidarité que le ministère proclame est un mensonge.

 

 

 

QUÉBEC :

LE MENSONGE DE LA SOLIDARITÉ SOCIALE

OU

LES PIÈGES DE LA PAUVRETÉ

Les faits saillants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Document préparé par Jean-Yves Desgagnés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Montréal, le 07 mai 2001

LE POINT DE DÉPART DE NOTRE DOSSIER

En 1995, une équipe de recherche de l’Université de Montréal, dirigée par Christopher McAll, professeur en sociologie, rendait publique une étude sur les barrières à la réinsertion sociale et professionnelle des personnes assistées sociales. L’étude révélait que les personnes assistées sociales étaient confrontées à quatre barrières : la pauvreté, la discrimination et les préjugés, la difficulté d’accès à des formations qualifiantes et le système d’aide sociale lui-même.

La recherche du professeur McAll a porté sur l’évolution des conditions de vie d’un échantillon de 100 familles assistées sociales au cours de la période de 1988 à 1994. Six ans plus tard, en l’an 2000, y a-t-il quelque chose de changé ? La situation des personnes assistées sociales s’est-elle améliorée ou au contraire, s’est-elle détériorée ? Voilà les questions auxquelles tente de répondre notre dossier.

LES PRINCIPAUX CONSTATS RELATIVEMENT À CHACUNE DES BARRIÈRES

Première barrière : La pauvreté

UN PROBLÈME QUI PREND DE L’AMPLEUR

 

Deuxième barrière : La discrimination et les préjugés

UN PROBLÈME QUI SE GÉNÉRALISE

 

Troisième barrière : La difficulté d’accès à des mesures de formation qualifiantes

EMPLOI-QUÉBEC :

UN GUICHET QUI CONTINUE À EXCLURE

En 1997 les gouvernements du Québec et du Canada signaient une entente "L'entente Canada / Québec sur le développement de la main-d'oeuvre". Cette entente a eu pour effet de transférer au gouvernement du Québec, et ce pour une période de trois ans, la responsabilité et les budgets que le gouvernement fédéral consacrait au développement de la main-d'oeuvre. Depuis cette entente, le Québec est le seul et unique maître d'oeuvre de la gestion des budgets consacrés au développement de la main-d'oeuvre.

La conclusion de cette entente a pavé la voie à la réorganisation des services publics d'emploi et des programmes d'aide pour les sans-emploi offerts au Québec. Avec la Loi 150 adoptée en juin 1997, le gouvernement du Québec fusionnait les services d'emploi offerts jusqu'à maintenant en trois entités administratives (Développement et ressources humaines Canada, la Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre, et le ministère de la sécurité du revenu) pour créer Emploi-Québec.

Cette nouvelle entité administrative, co-gérée avec les partenaires du marché du travail, fonctionne depuis avril 1998 et est censé offrir à tous les sans-emploi, peu importe leur statut, des mesures actives visant à favoriser leur réintégration en emploi.

Que s’est-il passé depuis cette réorganisation des services publics d’emploi ? Les personnes assistées sociales ont-elles maintenant plus facilement accès à des mesures de formation qualifiantes ?

 

Quatrième barrière : Le système d’aide sociale lui-même

UN SYSTÈME TOUJOURS COMPLEXE, INCAPABLE DE RÉPONDRE AUX BESOINS DES PERSONNES ET DE RECONNAÎTRE L’ENTRAIDE ENTRE LES PERSONNES

Selon la recherche de 1995 de l’équipe du professeur Christopher McAll, le système d'aide sociale constitue lui-même une barrière qui empêche les démarches de réinsertion dont les personnes assistées sociales elles-mêmes ont l’initiative. D'une part, les agents "surchargés de dossiers" n'ont pas le temps de s'occuper des personnes. D'autre part, la participation aux mesures dépend beaucoup plus de la capacité des personnes à arrimer leur projet personnel à l'offre de mesures du système de sécurité de revenu.

Même si plusieurs changements ont été apportés au système de sécurité du revenu depuis 1995, celui-ci demeure toujours complexe, incapable de répondre aux besoins des personnes et de reconnaître l'entraide entre les personnes.

CONCLUSION

Les conséquences de la pauvreté sont nombreuses et ne se manifestent pas uniquement par l’incapacité d’accéder aux biens de consommation, de payer un loyer ou les services. Nous l'avons amplement démontré dans les pages qui précédent. Mais il nous faut vous rappeler que la pauvreté est surtout et avant tout, une forme de violence et d'oppression qu’une partie de la population exerce sur une autre. La pauvreté est la précarité, le chômage, l’aide sociale et en dernier lieu, l’itinérance. Elle est une source de stress et d’anxiété, elle influence et affecte la santé physique et mentale des personnes, elle est le mur qui enferme, qui isole, elle est la principale barrière pour s’en sortir.

De plus, nous avons vu que les personnes assistées sociales forment un groupe social dont les membres n’ont qu’une seule chose en commun, soit de recevoir un chèque d'aide sociale. Cependant, plusieurs acteurs posent des gestes qui nous font penser a une forme de ségrégation basée sur le statut social: il suffit de penser à certains programmes d'employabilité et à certaines mesures actives ayant toutes les caractéristiques d'un emploi, mais qui, en raison d’une disposition dans la Loi sur le soutien du revenu et favorisant l'emploi et la solidarité sociale, ne sont pas protégés par les dispositions du Code du travail et la Loi sur les normes de travail. Il suffit de penser aussi aux chaînes d'alimentation qui ne veulent pas offrir de spéciaux la première semaine du mois, tout en sachant que les personnes assistées sociales sont forcées de faire leur épicerie la première semaine du mois. Il suffit de penser aux banques et aux caisses populaires qui se méfient et refusent des services aux personnes assistés sociales. Il suffit de penser également aux propriétaires qui ne veulent pas louer à des personnes assistées sociales. Nous sommes devant un véritable apartheid social.

De plus, une chose saute aux yeux: depuis 1995, année où le professeur Christopher McAll et son équipe ont présenté les résultats de leur recherche sur Les barrières à la réinsertion sociale et professionnelle des personnes assistées sociales, rien ne s'est amélioré chez les personnes assistées sociales, au contraire, leurs conditions de vie se sont détériorées.

Pourtant des solutions existent pour s'attaquer à la pauvreté des personnes assistées sociales et ainsi faire tomber les barrières à leur réintégration sociale et professionnelle. Voici les trois principales solutions mises de l'avant par le Front commun des personnes assistées sociales :