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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour publication immédiate
« La loi 57, cest comme un retour à la monarchie absolue de droit divin! », daffirmer le coordonnateur et porte parole du Front commun, M. Eric Bondo. « M. Béchard sest pratiquement attribué tous les pouvoirs en référant au règlement et aux normes un nombre si important darticles du projet de loi, quil lui sera possible de gérer le régime daide sociale sans jamais passer devant lAssemblée nationale et de le faire selon lhumeur politique du jour. », poursuit ce dernier. Pour le FCPASQ, le projet de loi 57, déposé à peine deux mois après la sortie du plan daction de lutte à la pauvreté du gouvernement Charest, est un projet bâclé, ne respectant pas, à plusieurs égards, la loi 112 visant à lutter contre la pauvreté et lexclusion sociale, notamment au niveau de larticle 15, qui oblige le gouvernement à:
M. Bondo précise que dans le projet de loi 57, le principe dune prestation minimale insaississable est contourné en excluant uniquement les coupures pour refus de participer à des mesures et en ramenant dans la loi la possibilité de saisie du chèque pour non-paiement de loyer. Les règles sur les biens et avoirs permis sont référées au règlement et au pouvoir discrétionnaire du Ministre. Lexemption de montants provenant de revenus de pensions alimentaires est référée au pouvoir discrétionnaire du ministre. Cest le Ministre qui déterminera lâge auquel les personnes ont automatiquement droit aux contraintes temporaires, actuellement fixé à 55 ans. Les déductions relatives au partage du logement, éliminées par le gouvernement Landry en 2003, sont ramenées à lordre du jour dans un projet de règlement sur la loi actuelle déposé en vitesse deux semaines avant le début de la commission parlementaire, toujours et encore sous la gouverne discrétionnaire du Ministre. Et la liste sallonge M. Bondo ajoute « Si cest la nouvelle façon de gérer les affaires de létat, alors il faut sérieusement se questionner sur la santé, voire lessence-même de notre démocratie sous la houlette des Libéraux ». Le FCPASQ estime que le Ministre Béchard na pas pris le temps de bien mûrir sa réforme de laide sociale, ni de consulter toute lexpertise citoyenne en la matière. Et, de poursuivre Monsieur Bondo : « Le ministre se devait de faire état, selon larticle 20 de la loi 112, des impacts directs et significatifs de tout changement législatif ou règlementaire sur les personnes et les familles touchées par ses réformes. » Personne na vu la couleur de ces analyses dimpact; le Ministre semble lui-même avoir oublié cet important détail. Au contraire, comme on peut le lire dans son nouveau projet de règlement, il naccorde aucune importance aux impacts touchant les personnes vivantes; seules les entreprises, personnes morales, ont eu droit à leur analyse dimpact. Pourtant, à la lumière de lanalyse du projet de loi 57 par le FCPASQ, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et un nombre important dorganismes sociaux, les impacts réels seront dappauvrir encore les personnes et les familles. Comment donc le Ministre peut-il croire quil a la sagesse et la compétence pour gérer la vie de plus dun demi-million de personnes dans la misère uniquement avec son pouvoir discrétionnaire? Selon le FCPASQ, Monsieur Béchard lui-même ny croit pas. Comment ensuite expliquer sa précipitation à pondre des projets, lois, règlements, sans sassurer de leur légitimité et de leurs impacts sur les êtres humains? Serait-ce les impératifs du Conseil du Trésor qui lui ont fait plier léchine? En conclusion, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec exige que le Ministre Béchard se tienne debout, solidaire, comme son titre lindique, des personnes les plus pauvres. Pour ce faire, nous exigeons quil retire le projet de loi 57 ainsi que le projet de règlement déposé le 22 septembre, quil modifie la loi actuelle selon les obligations et orientations de la loi 112 visant à lutter contre la pauvreté et lexclusion sociale, et quil lance un véritable débat sur un revenu minimum garanti, où toutes les personnes concernées pourront partager leurs connaissances dans un cadre respectant la démocratie et lexpertise citoyenne. -30-
Source : Éric Bondo et Nicole Jett |