Communiqué de presse


 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 
Pour publication immédiate


Consultations prébudgétaires du Ministre Yves Séguin
UN GROUPE ANTI-PAUVRETÉ PROPOSE
D’INVESTIR 3 MILLIARDS $ DANS LE « BIEN COMMUN »
sans hausse d’impôt des particuliers


Québec, le 04 mars 2004 – C’est avec cette proposition audacieuse en main que s’est présentée la délégation du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) devant le ministre des finances du Québec, monsieur Yves Séguin, qui était de passage à Québec aujourd’hui même dans le cadre de sa tournée de consultations prébudgétaires.

Après avoir félicité le Ministre des finances de rendre le processus de consultations budgétaires plus transparent en permettant à la population et à la société civile de faire connaître leurs attentes sur les priorités budgétaires, le FCPASQ a tenu à rappeler au Ministre que le Québec était une société riche où régnait malgré tout une très grande pauvreté. Afin d’appuyer cette affirmation, le mémoire du FCPASQ cite plusieurs chiffres sur le portrait de la richesse et de la pauvreté au Québec tirés de différentes sources gouvernementales, notamment :
  • Que le Québec est une société riche avec un PIB par habitant se situant au dixième rang des pays de l’OCDE, surpassant celui du Japon, de la France, de l’Allemagne et du Royaume Uni.

  • Que le régime fiscal des entreprises du Québec est concurrentiel par rapport à ceux des autres territoires nord-américains. Les taux d’imposition des profits des entreprises au Québec (33%) sont parmi les plus bas en Amérique du Nord. Ils sont inférieurs de 3,6% à celui des entreprises ontariennes et de 12,6 % à celui des entreprises de l’État de New-York.

  • Que malgré cette richesse, 1 citoyenNE sur 6 est condamnéE à vivre dans la pauvreté au Québec et que celle-ci touche tout particulièrement les femmes, les familles monoparentales, les enfants, les personnes immigrantes, les autochtones, les travailleurs et travailleuses à statut précaire et les femmes âgées.

  • Que parmi les personnes pauvres, la majorité des ménages à l’aide sociale (64,4 %) ont connu un appauvrissement entre 1989 et 2003. Les ménages les plus touchés par cet appauvrissement étant les ménages considérés sans contrainte à l’emploi dont la prestation moyenne a diminué de 12,2 % relativement au seuil de faible revenu après impôt.

  • Que les citoyenNEs à l’aide sociale sont condamnéEs à la pauvreté et que les prestations d’aide sociale ne permettent mais pas de satisfaire à leurs besoins essentiels (se loger, se nourrir, se vêtir et payer leurs médicaments).
Pour le Front commun des personnes assistées sociales du Québec, qu’il y ait de la pauvreté dans un pays riche est un non sens. Voilà pourquoi le FCPASQ invite le Ministre des finances à ce que le Budget 2004-2005 du Québec s’attaque en priorité au problème de la pauvreté. Et pour y arriver le FCPASQ propose de créer une réserve de 2 milliards $ non pas financée par une hausse d’impôt des particuliers mais par une hausse de 27,8 % de l’impôt des grandes entreprises c’est-à-dire celles ayant un revenu brut supérieur à 20 millions $. Une telle hausse permettrait ainsi de ramener l’impôt payé par les grandes entreprises au même niveau que celle des petites et moyennes entreprises.

Tableau comparatif des bénéfices et des impôts
des entreprises selon la taille de l’entreprise
1999

Taille
Bénéfice
%
Impôt
%
Écart
Petite
4,7
6
1,758
23,7
+17,7
Moyenne
6,0
8
1,347
18,1
+10,1
Grande
66,6
86
4,320