|
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour publication immédiate
Montréal, le 21 janvier 2004 Telle est la position défendue en commission parlementaire aujourdhui même par le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) relativement au Projet de loi 35 du ministre Marc Bellemare visant à apporter des changements majeurs aux règles de fonctionnement de la justice administrative. Parmi les changements proposés par le Projet de loi 35, le FCPASQ soppose tout particulièrement aux deux changements suivant : la réduction de 2 à 1 membre des formations appelées à instruire et décider des recours à la section des affaires sociales et la mise en place de nouvelles modalités relatives à la révision administrative effectuée par certains ministères et organismes. Selon le FCPASQ, la diminution du nombre de membres des formations chargées dinstruire ou dentendre les recours aura comme conséquence de rendre moins impartiales les décisions du TRAQ. À cet égard, nous faisons nôtre la position du TAQ que lon retrouve aux pages 86 et 93 du « Rapport de la mise en uvre de la justice administrative » et qui se lit comme suit : « ( ) le Tribunal considère que le fait que plusieurs décisions soient rendues par deux membres constitue un gage de qualité en raison des échanges et de la double vérification que cela suppose. » « Selon le Tribunal, la réduction des formations à un seul membre pour entendre les demandes et en décider nest pas un moyen à privilégier. Dans les faits, le Tribunal ny a recours que si la question en litige ne requiert pas dexpertise particulière, par exemple dans le cas où le dossier peut être traité par un juriste seul. La réduction systématique des formations à un seul membre remet en question la multidisciplinarité, lune des caractéristiques essentielles de la justice administrative.» Quant à largument du ministre selon lequel de limiter le banc du TAQ à un membre naffecterait pas le qualité des décisions prises parce que cela se fait déjà par les tribunaux de juridiction civile, le FCPASQ trouve la comparaison du ministre Bellemare boiteuse. Pour les citoyens et citoyennes que nous défendons, le TAQ est souvent le dernier mécanisme dappel. Les possibilités sont très minces par la suite daller en révision judiciaire car les règles permettant un tel recours sont très restrictives. Pour un citoyen ou une citoyenne qui se présente à la Cour du Québec ou à la Cour supérieur, il sagit dun premier niveau de recours. Si la décision rendue par ce juge nest pas satisfaisante, le citoyen ou la citoyenne peut en appeler à deux autres instances : la Cour dappel où siège au moins trois juges, et la Cour suprême du Canada, où siège au moins 9 juges. Ce que nous comprenons de cette logique, cest quil doit y avoir plus de juges sur le banc lorsque les causes font lobjet dun appel. En matière de justice administrative, le FCPASQ demande que la même logique sapplique. Et comme le TAQ est le seul recours dappel possible dans la majorité des dossiers, le nombre de ses membres devraient toujours être dun minimum de deux comme cest le cas présentement. Pour ce qui est de la disparition de la révision administrative telle quelle se pratique présentement, le FCPASQ trouve inacceptable dapporter des changements à un mécanisme que fonctionne relativement et qui donne des résultats. En effet, pour le FCPASQ, la révision est un premier recours très important pour les citoyenNEs à laide sociale. Il est facile daccès, les règles de fonctionnement sont simples et les décisions sont rendues avec célérité. Les statistiques que nous avons obtenu de lAgence de la sécurité du revenu sur la révision confirme dailleurs cette expérience terrain. Elle est accessible, puisquune moyenne de 22,000 personnes y ont recours chaque année. Elle permet de résoudre à lavantage des personnes au moins 30 % des demandes. Et les dossiers sont traités dans les délais légaux dans une proportion de 60 %. Pour le FCPASQ, la disparition de la révision administrative tel quon la connaît aura plusieurs conséquences négatives : de faire disparaître un palier facile daccès et permettant une justice de proximité; de renforcer le pouvoir discrétionnaire de ladministration sur les administrés; dobliger un plus grand nombre de personnes de recourir à des avocats donc daugmenter les honoraires davocats payés par laide juridique, dobliger les personnes à payer davantage de frais dintérêt et de ne plus rendre accessible les décisions du TRAQ. En conséquence, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) invite le ministre Bellemare à retirer du Projet de loi 35 les changements quil veut apporter à la révision administrative et au nombre de membre des formations chargés dinstruire et de décider des recours. Le FCPASQ jugent même que ces changements sont contraires aux droits fondamentaux des administrés. Donc, quils sont contraire à larticle 1 de Loi sur la justice administrative et qui précise que lobjet de celle-ci est « daffirmer la spécificité de la justice administrative et den assurer la qualité, la célérité et laccessibilité, de même que dassurer le respect des droits fondamentaux des administrés. » -30-
|