35e Semaine de la dignité des personnes assistées sociales

« Notre pauvreté nous combattons, Notre dignité nous affirmons »


« C’est assez les préjugés, arrêtez de nous diviser !»


Démarche d’animation (version longue)


Préparé par le Comité de la Semaine de la dignité, formé de :

Marie-Ève Duchesne (R♀SE du Nord)

Annik Gagné-Laferrière (ADDS-QM)

Geneviève Hudon (R♀SE du Nord)

Nicole Jetté (Permanence du FCPASQ)

Christiane Lapointe (ADDS Rive-Sud)

Nathalie Lortie (R♀SE du Nord)

Steven Ouellet (ADDS Rive-Sud)

Nathalie Roy (ADDS Rive-Sud)


Document produit en mars 2008


           

            Nous y voici, nous y voilà ! Cette année aura lieu la 35e Semaine de la dignité des personnes assistées sociales, du 5 au 10 mai 2008.  35 années de lutte pour qu’enfin les personnes assistées sociales soient reconnues comme des citoyenNEs à part entière.  Pour une autre année, nous clamerons haut et fort : Notre pauvreté nous combattons, notre dignité nous affirmons !


            Lors de l’Assemblée générale du Front commun des personnes assistées sociales du Québec de novembre 2007, les groupes présents ont été appelés à se prononcer sur le sous-thème de cette année.  Après discussions et un vote consultatif, la lutte aux préjugés est apparue comme essentielle pour être au cœur de notre Semaine nationale de la dignité.  Le Comité de la Semaine de la dignité vous propose donc différentes activités sous le thème de :

C’est assez les préjugés, arrêtez de nous diviser !

            Afin de nous préparer à vivre ensemble notre journée nationale le 7 mai prochain, nous vous proposons cette démarche.  Différents objectifs sont visés par cet atelier, entre autres, d’amorcer des réflexions sur les préjugés que l’on a, les conséquences sur notre vie, les divisions vécues à l’aide sociale, etc.  Cet atelier servira aussi à réfléchir sur des pistes d’actions, des gestes que l’on peut poser individuellement et collectivement pour affirmer notre dignité.  Vous serez donc invitéEs à amener avec vous : vos chaînes de solidarité, vos pistes d’actions pour la Journée nationale. 


            Du nouveau cette année : le comité vous propose 2 démarches, dont une plus longue (d’environ 3 heures) ou une plus courte (d’environ 1h15).  Ces 2 versions d’ateliers permettront de s’adapter à la réalité de vos groupes et, espérons-le, vous inciteront à y participer en grand nombre.  Parce que c’est ensemble que l’on peut faire changer les choses !


            Vous êtes invitéEs à consulter ces 2 documents et à tenir l’un ou l’autre de ces ateliers.  N’hésitez surtout pas à y apporter les changements nécessaires selon la réalité de votre groupe et les personnes que vous rejoignez.  Si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec moi au (418) 622-2620. 

Solidairement,

Marie-Ève Duchesne

Pour le Comité de la Semaine de la dignité

Proposition d’atelier

Objectifs de l’atelier

1. Amorcer une réflexion sur les préjugés que l’on a et les conséquences sur la vie des personnes.

2. Nommer ce qui nous divise à l’aide sociale.

3. Amorcer une réflexion sur les conséquences des divisions pour : moi, mon groupe, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec. 

4. Proposer des pistes d’actions individuelles et collectives.

HORAIRE DE L’ATELIER

1- Introduction (15 minutes)

1.1 Mot de bienvenue

1.2 Présentation des citoyenNEs présentEs

1.3 Description du déroulement de la journée

2- C’est l’étiquette qui nous mène ! (40 minutes)

      2.1 Le jeu de l’étiquette (20 minutes)

      2.2 Discussion : Des préjugés, moi aussi ? (20 minutes)

3- Un préjugé, une division (45 minutes)

3.1 Travail en atelier sur les divisions à l’aide sociale (15 minutes)

3.2 Retour en plénière (30 minutes)

4- Les effets néfastes des étiquettes (45 minutes)


5- Les pistes d’actions (20 minutes)

5.1 Création d’une chaîne de solidarité

Matériel requis :

¨      Grands cartons avec l’horaire et les objectifs.

¨      Cartons-étiquettes que l’on fera tenir dans le dos de chaque participantE, soit avec une corde dans le cou ou avec du ruban adhésif (Vous trouverez en annexe une liste de mots à écrire sur chaque étiquette) 1 par participantE. 

¨      Grands demi-portraits pour le travail en atelier. (vous trouverez en annexe un modèle de ce demi-portrait).  4 demi-portraits ou 1 par atelier. 

¨      Des bandes de cartons pour créer la chaîne de solidarité.  2 par participantE. 

Durée approximative : trois heures. 


Description de la journée

Note générale : Nous vous suggérons d’être au moins 2 personnes à l’animation pour chacune des activités présentées. 

1.      Introduction

1.1              Mot de bienvenue :

Souhaiter la bienvenue aux participantEs et leur expliquer le contexte de l’atelier et de la Semaine de la dignité.

 

1.2  Présentation des participantEs

Inviter les personnes à se présenter.

 

1.3  Description de déroulement de la journée

Lire aux participantEs les objectifs de l’atelier et l’horaire (Voir page 3 ou 4) qui auront préalablement été écrits en gros sur un carton.

 

                 

2.      C’est l’étiquette qui nous mène !

2.1 Le jeu de l’étiquette

On demande aux participantEs de se placer en cercle dans la pièce.  Ensuite, les animateurs ou animatrices viennent placer une étiquette dans le dos de chaque participantE.  Vous pouvez vous inspirer de la liste des noms suivants pour fabriquer ces étiquettes :

 


Ex-détenuE

Toxicomane

Monoparentale

Personne assistée sociale

Féministe radicale

ItinérantE

Riche

Homosexuel/Lesbienne

Fonctionnaire

PoliticienNE

Prostituée

Personne obèse

Autochtone

Arabe

Militaire

Américain (des Etats-Unis)

Personne de 80 ans

Musulmane

ImmigrantE

Prêtre

Personne sourde

Personne ayant une déficience intellectuelle

Personne avec un problème de santé mentale

AfricainE

  etc.  



Lorsque chaque participantE a son étiquette dans le dos, on fait une mise en contexte pour lancer le jeu.  Il est essentiel que les participantEs ne sachent pas ce qu’ils et elles ont comme étiquette dans le dos. 

 

Mise en contexte : Tu dois passer ta vie sur une île déserte avec une seule autre personne présente dans la pièce.  Chaque personne doit se promener dans la salle et choisir une personne avec qui il ou elle ira sur l’île.  Attention : le choix doit être réciproque, c’est-à-dire que l’autre personne aussi doit vouloir « passer sa vie sur l’île » avec moi. 

 

Les participantEs se promènent et font leur choix.  Lorsque le choix est réciproque, on reste debout dans la pièce près de la personne de notre choix.  Lorsqu’il reste quelques participantEs qui ne sont pas jumeléEs, on arrête le jeu.  On peut maintenant regarder notre propre étiquette et on commence la discussion. 

 

2.2 Des préjugés, moi aussi ?

 

On amorce une réflexion sur les préjugés :

 

ý     Qu’est-ce que ce jeu m’a fait vivre ? Qu’est-ce que ça fait d’être choisiE ? De ne pas être choisiE ?

ý     Pourquoi est-ce que j’ai choisi telle personne au lieu d’une autre ?

ý     Pourquoi est-ce que je ne voulais pas être avec telle autre personne ?

ý     Est-ce que j’ai utilisé des préjugés pour faire mon choix ?

ý   Est-ce que ces préjugés peuvent se comparer à ceux que je vis quand je suis à l’aide sociale ?

ý  Quelles conséquences ces préjugés peuvent avoir quand on est à l’aide sociale ?

ý     À quoi servent ces préjugés ?

 

N’hésitez pas à utiliser toutes autres formes de questions pour alimenter la discussion.  Le but de cette discussion est de réfléchir sur nos propres préjugés et les conséquences que ceux-ci ont sur ma vie et celle des autres.  Il est aussi important d’amener la discussion sur les pistes d’actions pour lutter contre les préjugés à l’aide sociale (pour les groupes qui feront la version courte : voir le point 5 de la démarche) ou sur les préjugés et les divisions à l’aide sociale (pour les groupes qui feront la version longue : voir le point 3 de la démarche). 

 3.      Un préjugé, une division

3.1 Travail en atelier sur les divisions à l’aide sociale

 En troisième étape, nous allons regarder un peu plus les préjugés qui nous divisent comme personnes assistées sociales. 


On demande aux personnes de former 4 ateliers d’au maximum 10 personnes (2 ateliers seraient suffisants si on a moins de participantEs).  En atelier, on va nommer les préjugés qui nous divisent à l’aide sociale.  Chaque atelier doit remplir un demi-potrait géant semblable à celui-ci :                                                  ou comme celui-ci :

















Note pour l’animation des ateliers : cet atelier sert à nommer les préjugés que l’on entend, nous ne sommes pas là pour se juger entre nous.  Il se peut que l’atelier devienne émotif puisque l’on parle de notre vécu.  Il faudra donc être prudentE et de rappeler l’importance de l’ouverture et du respect.  Nous n’avons pas à justifier les préjugés qui seront dits.  Les ateliers sont formés spontanément, selon les désirs des participantEs.  Les personnes qui animent n’auront qu’à vérifier que chaque atelier comprenne environ le même nombre de personnes.  Des questions peuvent nous aider à nommer les préjugés : est-ce que j’ai déjà entendu des préjugés sur les personnes que l’on dit « Bons pauvres » ou « Mauvais pauvres » ? Quels étaient-ils ? Est-ce que j’ai déjà entendu des préjugés de la part de mon agentE ? De ma famille ? À la télévision ? De la part des éluEs ?

N’oubliez pas de nommer un ou une secrétaire dans chaque atelier qui fera le compte-rendu lors de la plénière. 


Donc, 2 ateliers travailleront sur les demi-portraits géants appelés « Bons pauvres » et 2 ateliers travailleront sur les demi-portraits géants appelés « Mauvais pauvres ».  À noter que les termes peuvent être changés s’ils ne conviennent pas à votre groupe, le but étant que 2 équipes nomment les préjugés que l’on a envers les personnes dont on dit « qu’elles méritent leur chèque » et celles dont on dit  « qu’elles ne méritent pas leur chèque ». 

3.2 Retour en plénière

On revient en grand groupe et chaque atelier nous présente le résultat de son portrait que l’on colle au mur.  Il sera important d’alterner les 2 portraits sur le mur (c’est-à-dire un portrait de « Bon pauvre » à côté d’un portrait de « Mauvais pauvre ») afin que le résultat donne quelque chose qui ressemble à ceci :

 



















4.      Analyse : les effets néfastes des étiquettes

 

À cette étape, nous amorçons une réflexion sur les conséquences des divisions que l’on remarque sur le mur.  Ces divisions seront regardées en fonction de trois aspects : moi, mon groupe et le Front commun des personnes assistées sociales du Québec.  Les réponses données par les particpantEs peuvent être prises en notes sur des grandes feuilles vierges accrochées au mur.  Il est important que chaque participantE ait son mot à dire ; gare aux personnes silencieuses ! Vous pouvez vous inspirer des questions suivantes :

 

ý     Qu’est-ce que ça me fait vivre à moi de voir ces étiquettes? Quelles conséquences que ça peut avoir sur ma vie ? Sur celle de ma famille ? De mes amiEs ?

ý    Est-ce qu’on peut sentir des préjugés parfois dans mon groupe ? Quelles conséquences ces préjugés peuvent entraîner dans mon groupe, dans son fonctionnement, son quotidien? Y a-t-il des conséquences sur nos luttes ?

ý     Est-ce que ces étiquettes ont des conséquences pour le FCPASQ ? Dans son fonctionnement, son quotidien ? Y a-t-il des conséquences de ces préjugés dans nos luttes ?

ý     Peut-on dire que ces étiquettes ont des conséquences pour l’ensemble des personnes assistées sociales au Québec ?

 

Encore une fois, n’hésitez pas à ajouter des questions pour faire parler les participantEs. 


5.      Les pistes d’actions

5.1 Création d’une chaîne de solidarité

En cinquième étape, il est temps de discuter sur ce que les participantEs sont prêtEs à faire pour que notre projet de société (par exemple, notre plate-forme de revendications du FCPASQ) soit mis de l’avant. Il faut créer de l’espoir, montrer qu’un autre monde est possible, que chaque petit geste est un maillon de plus pour une grande chaîne de solidarité.


Pour ce faire, deux bandes de cartons sont distribuées à chaque participantE.  Sur l’une d’entre elle, on invite les personnes à inscrire un geste qu’elles veulent poser individuellement pour lutter contre les préjugés à l’aide sociale, contre les divisions (par exemple, écrire une lettre d’opinions, le dire quand j’en entends, arrêter d’utiliser le mot « BS », etc.).  Sur l’autre, les personnes sont invitées à inscrire un geste qu’il serait important de poser collectivement pour contribuer à éliminer les préjugés, les divisions (par exemple, manifestations, pressions sur les députéEs, etc.).  Par la suite, les participantEs joignent les deux bandes de cartons avec du ruban adhésif afin de créer un petit bout de chaîne de solidarité avec les 2 gestes qu’ils ou elles désirent poser comme ceci :


 

 

 

 


ChacunE à notre tour, on vient présenter aux autres les 2 gestes que l’on veut poser.   On collera ensuite, sur le mur, notre bout de chaîne entre les grands demi-portraits afin de créer un lien entre les deux.  Nous vous suggérons d’utiliser de la gommette bleue pour coller sur le mur ces bouts de chaînes puisqu’ils devront être réutilisés pour la Journée nationale du 7 mai.  Le visuel de la fin de la rencontre ressemblera à ceci :

 



Ces petits bouts de chaînes seront très importants lors de la Journée nationale du 7 mai prochain.  Vous devrez joindre ensemble tous les petits bouts de chaînes faits pas les participantEs avec d’autres bandes de cartons (que vous pouvez décorer avec le nom de votre groupe ou autres) et nous amener vos chaînes de solidarité à Québec pour cette Journée.  Si vous ne pouvez pas être présentEs lors de cette Journée, faites-la nous parvenir à

 R♀SE du Nord au : 177, 71e Rue Est

                                       Québec (Qc)

                                   G1H 1L4

 

Modèle pour assembler la chaîne de votre groupe :



Pour toute information concernant cette démarche d’animation, contactez Marie-Ève Duchesne au Regroupement des femmes sans emploi du Nord de Québec (R♀SE du Nord) au (418) 622-2620 ou à rosedunord@oricom.ca .