Rendez-vous de la solidarité 2009
Consultation nationale du 15 juin 2009

Intervention du Front commun des personnes assistées sociales du Québec
à la table de discussion du Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Ce matin, j’ai entendu plusieurs personnes dire que : « La dignité, c’est le travail. ». Je tiens donc à clarifier ce que signifie la dignité. La dignité n’est pas liée au travail, puisqu’elle est intrinsèque à toute personne humaine. Chaque être humain a droit à cette dignité et c’est la satisfaction des besoins essentiels d’une personne de façon stable et autonome qui permet d’assurer cette dignité.

Or, à l’heure où on se parle, au Québec, l’aide sociale représente 40% du Seuil de faible revenu et ne permet pas aux personnes de subvenir à leurs besoins fondamentaux.

En 1998 et en 2006, le Canada et le Québec ont été blâmés à ce sujet par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU qui jugeait que nos gouvernements disposaient de tous les moyens de fixer l’aide sociale au niveau de la couverture des besoins essentiels.

Depuis, un consensus s’est dégagé en faveur de cette demande parmi les experts et les groupes travaillant en santé, en itinérance, en sécurité alimentaire et en logement.

En avril 2009, le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, mis sur pied par le gouvernement actuel, a indiqué que la santé et la sécurité des personnes assistées sociales ne pouvaient être assurées que par la hausse des prestations et que, pour ce faire, les catégories à l’aide sociale devaient être abolies.

Le 6 mai 2009, vous avez, monsieur le ministre, affirmé publiquement que vous ne suivriez pas cette recommandation du comité consultatif, car elle ne concordait pas avec votre vision de la lutte à la pauvreté.

De plus, le cahier de consultation qui doit servir de base à nos discussions d’aujourd’hui ne contient pas une seule fois le mot : droit, ni n’aborde le sujet de la redistribution de la richesse collective.

Vous avez perdu la confiance du FCPASQ, du FRAPRU, de la Ligue des droits et libertés, du MÉPACQ, de l’ASSE, du RCLALQ et de l’R des centres de femmes. Pour rétablir cette confiance,  ces organisations vous ont fait parvenir vendredi le 5 juin, une lettre ouverte dans laquelle nous vous demandions, monsieur le ministre, la garantie que vos consultations ne visent pas simplement à avaliser vos orientations et celles de votre gouvernement.
 

Nous vous demandions plus précisément de :

-    Reconnaître que la pauvreté et l’exclusion sociale sont des violations de droits et que c’est la responsabilité de votre gouvernement de veiller À leur respect en y accordant les ressources nécessaires;
-    Nous vous demandions d’affirmer que la lutte contre la pauvreté passe par une meilleure redistribution de la richesse et une diminution de l’écart entre les riches et les pauvres;
-    Nous vous demandions de refuser d’accorder À des organismes philanthropiques quelque contrôle que ce soit sur les politiques publiques de lutte contre la pauvreté;
-    Nous vous demandions enfin de démontrer une ouverture réelle à l’adoption de mesures comme :
              o    La fin des catégories À l’Aide sociale
              o    Un rehaussement significatif des prestations d’aide sociale et du salaire minimum;
              o    Le financement d’un plan de développement du logement social à la hauteur des besoins                     réels et un véritable contrôle des prix des loyers
              o    La fin du détournement des pensions alimentaires pour enfants
              o    Une réforme en profondeur de l’aide financière aux études ayant pour but l’élimination de                      la précarité dans laquelle vivent les étudiantEs;


Maintenant, nous vous demandons de vous prononcer sur nos demandes afin que ces consultations se déroulent dans un climat de confiance réciproque.
Merci.


Amélie Châteauneuf
Porte parole du FCPASQ
15 juin 2009.